Vendredi 21 mars 2008
Chacun cherche sa place. Un trou pour se mettre. Un endroit où être soi. Une douillette à bobos pour les panser doucement. Tomber les masques multiples qui montrent aux autres ce qu'ils ont envie de voir en nous. Prendre sa vie au sérieux et ne pas la brader sur des chemins qui ne mènent pas à ce que l'on est. ne pas choisir la facilité ni le consensus. Choisir ce qui est vrai, même si c'est le plus dur.

Pour ne pas faire comme lui. Il est resté ici. Il a plaqué son âme sous l'amnésie de la frénésie. Il a éteint ses passions pour vivre de compromission. Il tente en vain de monnayer sa quiétude et cherche, entre l'or et la fadeur, le braseros qui suffisait à l'animer tout entier. Il n'est pas malheureux. Mais il n'est pas heureux.

Ou encore elle ! Elle voulait se dévouer. Parfois même un peu trop corps et âme. Elle s'abandonne alors en petits morceaux dont iront se repaître ceux qui le voudront bien. Elle est partie par là en laissant derrière elle ce qu'elle avait été, et sous de ridicules prétextes s'oublier en peu plus dans cette abnégation qui la bouffe un peu plus chaque jour et qui pourtant la rend aveugle à ce qu'elle refuse de voir. Ce qu'elle est en fait. Et elle n'est pas elle-même. Mais elle n'est pas une autre.

Et lui ! Il est d'ici ou bien d'ailleurs. Il a vécu longtemps avant d'atteindre son étoile. Il a dévoilé son monde, et l'a partagé à qui l'accepterait : ses habitants et ses contrées. Ses règles et ses coutumes. Tout y était visible à tous et seulement accessible à une poignée. Parfois, il y était entier, et aucune raison d'ici bas n'aurait pu le rattraper. Parfois, il daignait s'épancher sur les douleurs d'un monde qui n'avait, selon lui, jamais voulu de lui et qu'il avait alors écarté à moitié de ses préoccupations. Puis l'accident arriva. Il a fallu assurer à l'enveloppe une vie confortable sans trop de carrences. Il a fallu accepter de se plier au carcan des autres. Il a alors essayé de descendre. mais il a glissé. Il est tombé, sans personne pour ralentir sa chutte. Il a appelé, une fois. Il a demandé à ce qu'on le désincarcère un peu. On l'a rassuré, mais on l'a laissé en terre. Et depuis, il creuse tellement pour essayer de se mouvoir dans cet espace trop petit qu'il en oublie de regarder de temps en temps vers son étoile. Il n'est pas où il devrait être. Mais il n'est pas non plus au mauvais endroit.

Ecrit le 23 novembre 2007
Depuis, le premier a levé un peu les yeux de son nombril
Le troisième sait balayer du regard, de la Terre et son Etoile
La deuxième ...
La deuxième se bat contre des moulins à vent, nouveau filtre à sa prunelle
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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