En fait, inutile d'en faire deux billets. inutiles de faire un choix. Les deux thèmes finalement se recoupent.
J'ai eu la chance avant de vivre quelque chose de très fort amoureusement. J'ai vécu pendant quelques années avec un garçon pour qui j'éprouvais à la fois passion déraisonnée et amour sincère et profond. C'était, je crois, réciproque, et on s'est abandonné à deux dans les tumultes suaves et velourés de ce que nous ressentions spontanément.
Comment expliquer ? Je frémissais à son odeur. Le voir me ravissait. L'écouter tantôt me berçait et tantôt m'animait. Je ne voulais que le toucher et le sentir tout contre moi. Tout de lui vivait partout en moi. Dans mon coeur, dans mon âme, dans mes tripes et dans mon sexe.
On n'a pas réfléchi. On ne s'est pas posé. On a avancé là dedans, et ça a marché.
Puis le calcul et la cupidité, l'envie et le désir ont donné un coup bas à nos sentiments. Le temps a passé, la plaie n'a jamais cessé de saigner et tout ça a changé. Moins d'effort, moins de séduction. Moins de confiance et moins de compromis. Tout s'est transformé au fil du temps. L'amour en affection, la fusion en complicité, la passion en indifférence ...
Je l'ai compris entre deux larmes : "J'ai perdu mon chéri ..." ai-je dis l'après-midi même qui précéda le soir où il ne défit pas ses valise. Sans le savoir, jusqu'à la fin, on avait conservé ce lien quasi mystique qui dépassait l'intuition ...
Je ne regrette rien.
Bien sûr pas de l'avoir rencontré ... Mais je ne regrette pas non plus d'avoir pardonné. Ravalé mes souffrances et ma fierté pour aller au bout de ce que cette histoire pouvait nous offrir.
Je l'ai vécu à fond, du fond du ventre. J'ai vibré à chaque instant. J'ai couru la tête basse.
Il ne faut pas tourner le dos aux occasions quand elles se présentent. Il faut vivre un peu au delà de nous même.
Dépasser la peur. Dépasser les questions. Dépasser la fatigue et ne pas trop s'écouter.
Mais croque la, ta vie ... Elle s'etiole ! Elle court ... Elle file !
Donne toi une chance de revivre encore ça ! Laisse tes entrailles ouvertes à la passion. Cette claque qui décalque l'ennui qui nous ronge.
Je m'ennuie vite à présent. Je ne sens de nouveau bien quand je vis à 1000 %. Ne rien faire m'agoisse. Autant brader un jour au purgatoire de l'amertume. Je cours dans la vie. Trop de choses à faire.
"J'ai si peur de finir le chemin seul."
Et pourtant je ne peux me contenter d'une histoire qui ne me fout pas à l'envers. J'ai l'exigence, comme un boulet que je me traine, de mon vécu. Je sais que ça existe. Je sais que l'on peut traverser le vie mené par le désir d'un seul Homme, mué par la pensée de le rejoindre ... Je ne veux rien de moins.
C'est ce paradoxe qui me rend la vie dure. Vais-je retrouver la force brûlante d'un "Amour parfait", ou vais-je me résigner, fermer les yeux sur ma folie, et accepter ce que la vie me propose de plus ressemblant ?
Hier soir j'ai vu Cali en concert. Une de mes meilleures amies m'a offert le concert pour mon anniversaire. Jusqu'à l'heure H - 1, j'avais réservé ma soirée pour je ne sais quoi. Une gaffe et mon sens de l'observation ont levé le pot aux roses 1h avant la scène, sans quoi j'aurais vu entrer une ombre sur scène ...
Il y a quelques temps, on le comprend dans ces textes, Cali s'est fait "larguer comme une merde".
On a ça en commun. Le sentiment d'avoir été laissé sur le bord comme des merdes.
Et comme pas mal de personnes de nos ages ayant vécu des choses fortes et durables dans l'age insouciant de la vingtaine, on vit à chaque instant des paradoxes amoureux ...
On se sent parfois terriblement seul, mais on a du mal à accepter une présence continue dans la bulle "insensible" dont on s'est entouré.
On a envie de flamber de passion, de crever d'amour, mais on flippe de revivre une défécation sur le bord du chemin.
On est sûr de nous, on se connait, on admet nos valeurs, mais on passe nos vies à se demander ce que l'autre à arréter d'aimer, à regarder "ce que le temps a fait de nous".
Alors quoi ? On est condamné à payer d'une décénie de solitude notre décénie d'insouciance ?
Je refuse ...
Je sais qu'il faut se faire violence. Mais l'Amour n'est pas une trame objective de qualité que l'on trouve à l'autre.
L'Amour, pour moi, c'est inquantifiable. On ne peut pas raconter l'amour que l'on ressent : on n'a pas les mots pour le décrire.
C'est une flamme. Petite un temps et qui grandit un peu. Si elle y est, au fond du ventre, et chez l'un et chez l'autre, il faut se faire violence et rester un peu là à la faire grandir.
En revanche, si elle ne vous enflamme pas un tant soit peu dès la première rencontre, c'est inutile d'aller plus loin : elle ne brillera jamais, et avec seulement un listing de qualités de points communs et d'envies similaires, on risque fort de passer sa vie sous la froideur d'un néon ...
A bientôt
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