Vendredi 3 novembre 2006
Bonjour,

Alors dans la famille NOUS VIVONS DANS UN PAYS DE PREJUGES, je voudrais vous guider sur le blog d'un ancien bénévole à Aides qui a vécu récemment une situation que j'ai vécue pour ma part il y a 3 ou 4 ans ...

Je croyais cette époque révolue ...

Jetez un oeil sur l'excellente campagne d'Aides contre la discrimination qui entoure les séropo (dans l'album photo en haut à gauche "Combats et autres messages"), puis

Cliquez sur l'image et REAGISSEZ !


par Mathieu publié dans : Debout !
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Mercredi 25 octobre 2006
Quand je fais mon égo trip, que je ne pense qu' à moi, tu me fais ton regard réprobateur, tu me dis que c'est pas moi et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand je crache mon venin sur les salauds qui nous pourrissent, tu adoucis mon incendie d'un air contrit un peu pour moi, tu me dis que tout le monde n'est pas comme ça et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand j'ai un gros bobo, que mon petit coeur trop mou a fondu, tu m'ouvres grand tes bras, tu me colles tout contre toi et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand je saute partout de joie, que le bonheur est passé ne serait-ce que 5 mn par là, tu rigoles avec moi, tu me serres un verre à moi et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand je suis très loin de moi, que j'ai besoin de voir au fond, tu me traines en forêt, sur une plage délaissée et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand j'ai besoin de réconfort parce qu'encore une fois j'ai eu tort, tu me prépares un bon diner, des bougies, un chocolat, tu m'apaises de tendresse et quoi qu'il arrive tu es là.

Quand je m'ennuie un peu trop fort et que je tourne en rond comme un lion en cage, tu me colles dans ta voiture, me fais faire 500 bornes pour voir une chose qu'on ne connaissait pas et quoi qu'il arrive tu es là.

Et oui tu es tout ça pour moi. Ca fait plus de 10 ans comme ça. 10 ans que chaque jour on est là. Toujours pas loin même si on ne se voit pas.

Et maintenant ?

Tu t'es un peu éloignée de moi. Ma si chère amie n'est plus tout pas loin de moi. On ne peut plus se voir en claquant dans les doigts. Bordel mais que vais-je faire sans toi ?

Allez je ne vais pas laisser Bordeaux vide sans toi, mais sache que ce que je redoutais arriva : la ville est bien plus grise depuis ça ...

Pougnoux très forts rien que pour toi ... Et pour les autres juste un bisous
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Lundi 23 octobre 2006

Dimanche normal pour un pédé. Réveil solitaire. Déjeuner arrosé. Largage par sms et soirée devant Pink. Je vais m'y faire y a pas de raison.


Pourtant le début du week-end laissait à penser qu'il serait différent. Sur un échange sensuel et complice, un désir qui semblait partagé, l'envie clairement exprimée d'entamer quelque chose. On se plaisait on se l'ai dit. A-t-il simulé ? A-t-il menti ? Qu'attendait-il en fait ? A quel moment ai-je mal compris son comportement et ses paroles ?

J'en sais rien.

Il voulais que ça le fasse. Il exprimait "ses" sentiments à haute voix. Comme s'il avait su qu'il fallait me donner confiance en l'attirance et puis l'amour que je pouvais susciter. En tout point il a dit et fait ce que je voulais entendre et voir.

Et puis le soufflet est retombé. ai-je perdu une compétition à laquelle je n'avais jamais demandé à participer ? N'ai-je pas, plus tard dans la nuit ou les heures d'après, été à la hauteur de ce qu'il disait apprécier en moi ? Ou peut-être, selon la thèse qui à la fois me plait car elle ne me remet pas en cause et à la fois me nâvre car elle est émise d'un comportement trop coutumier, il s'agit encore d'un de ces mecs de 30 ans qui ne savent pas ce qu'ils veulent.

En tout cas, s'il avait juste voulu baiser, il suffisait de me le dire : il était suffisamment beau gosse pour m'avoir sans sortir les violons, et au moins je ne me serais pas fait mes films ...

Enfin. C'est pas grave. Une toute petite griffure. Une de plus. Mais je ne sais que trop que plusieurs petites griffures peuvent saigner autant qu'une large plaie béante. Alors faudrait voir à faire cicatriser tout ça à coup de respect et de sincérité ...

Allez va ! Retrouve vite tes marques solitaires. Vas te balader aux Capus, fais toi plaisir : prends ce que tu veux.

Puis un déjeuner qui a sauvé à lui seul tout le dimanche. Succulent, animé, arrosé sans trop d'excès ... Un bon dans la vie normale chez des gens qui s'aiment et qui offrent un petit moment de leur intimité de tendresse ...

La soirée du dimanche a été comme le réveil : une succession de minutes amères avec, en paliatif, Pink TV en fond, pour essayer de se sentir le moins différent possible.

 Il faut croire que je suis pas normal en fait. Par moment je me sens aussi différent des pédés que j'ai pu me sentir différent des hétéros étant ado. Et parfois cela me fait autant souffrir. Ne pas trouver ma place.

C'est tout le problème. Je ne sais pas si je suis en avance ou en retard sur mon age, ou si tout simplement je ne vois la vie comme aucun autre gay. En tous cas mes envies ne semblent pas correspondre à celles des flopées de trentenaires ou presque qui ont croisé mon chemin ces 18 derniers mois.

J'ai juste envie d'une vie normale. C'est tout. Sans sacrifier au totem Têtu ni au Dieu Tom of Finland.
Aimer le sexe comme il se doit. Assez pour satisfaire nos corps, sans qu'il ne devienne tout dans notre vie.
Respecter l'autre et ne pas lui mentir. Ne pas le blesser.
Être tendre et gentil sans que ce ne soit considéré comme une faiblesse.
Ne pas s'autoriser des facilités parce que "on est gay et que chez les gays c'est nécessaire". Il faudrait arréter de faire de notre différence un pretexte ! On se met tout seul en marge en cherchant des excuses à un comportement qui est bien plus égoïste que "gay friendly" !
Faire des concessions.
Relever le défi de la vie à deux et prendre les difficultés que la monogamie à long terme impose comme un gage de ses vertus bienfaitrices.
Car oui c'est pas toujours simple. Mais c'est l'essence. Et ça se mérite.
Maintenir l'amour, l'intérêt et le respect dans un couple, c'est un défi.
Mais on doit le relever si on veut être heureux. Et croyez moi, ayant tenté de relever le défi pendant 6 ans, le jeu en vaut la chandelle.

Et c'est précisemment cette volonté d'affronter les réalités de l'Amour et de relever les manches pour le mériter qui font que je ne trouve pas ma place dans mon age et dans ma "communauté', si tant est qu'elle même ne soit pas le fruit de l'égoïsme désespéré de chacun de ses membres.

Voila tout ce que j'avais à dire.
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Jeudi 5 octobre 2006

Comme des violons incessants qui nous ennivrent, le vent de l'automne s'est levé pour que l'on y tourbillonne.

Aspirés dans sa tourmante, nous avons dégusté ses âffres il y a quelques jours quand, annonçant son arrivée avec prétention et panache, il a soufflé sur nous arrachant ça et là les érections humaines qui tentaient de barrer son passage.

Avec le vent d'automne, la pluie et la fraîcheur. L'odeur de sous-bois engendrée sous les feuilles noctures, révélées par les rayons tenaces du soleil matinal. Réchauffant en surface la terre meuble que l'eau glace en profondeur, incitant les humus et moisissures à coincider en cèpes ou en mortelles délicatesses, les faisceaux luttent encore un peu avant d'être englouttis dans le coton nuageux hivernal.

L'automne a d'autres générosités. Sa nature offre des moments délicats et souvent confortables.

Se pencher sur la vigne pour saisir une grappe ronde et sensuelle, l'arracher délicatement de son sarment pour la croquer à pleine dent et sentir couler en soi le jus doux et riche qui donnera dans quelques mois un vin fin et charnu.

Toujours tout pres du sol, ouvrir avec précautions les bogues aggressives des chataîgnes échues sur le bord de la route. Rentrer dans son chez soi engoncé dans son pull, cuisiner toute l'abondance de la saison.

Ce matin, l'automne calme est posé sur la campagne girondine. Le caracteriel été indien a cédé sous la sagesse du nuage enveloppant des brumes saisonnières. La ville peu à peu se prépare à hiberner. Comme une volute soporiphique, le brouillard calme les rues lasses de l'agitation estivale.

Les choses s'endorment. On s'engourdit. On se blottit dans les épaisses couettes que l'on a ressorti de l'armoire. On recherche le confort pour s'y lover pendant les quelques mois léthargiques qui s'annoncent.

On se prend à réver même en pleine journée. On contemple le blanc. Notre esprit vagabonde sur cette toile immaculée. Peu à peu, on tombe. Dans le gris les yeux. On baisse à gauche nos pensées. On se prend à se rappeler. On se laisse emporter par la mélancolie.

Tout vrille en nostalgie. De l'odeur des légumes moulinés par maman. Du calin enlacé de l'Autre que l'on aimait, retrouvé enfin tandis que la chaleur nous libérait de sa suffocation.

Juste avant que l'hiver ne glace tout, on s'endort peu à peu, on se love au mieux, on prépare notre couche, on y attent celui qui dormira contre nous pendant les mois rigoureux qui se trament derrière l'automne.

par Mathieu publié dans : Au gré de mes divagations
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Dimanche 1 octobre 2006
par Mathieu publié dans : Mes Podcasts
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