Mercredi 11 juillet 2007
Je le vois tous les matins ou presque. Disons, quand les jeunes qui se jettent sur les pare-brisesne sont pas là, lui il y est. Il attend tout le temps le passage du feu au rouge assis sur le garde-fou en zinc de la sortie d'autoroute.

Dès que l'indicateur nous sommes de nous arrêter, il se lève calmement.

Il est rondouillard. Il a une démarche de culbuto, faisant, presque péniblement, passer ses jambes l'une devant l'autre en élançant son bassin imposant.

Comme les hommes de cette partie de l'Europe de l'Est, latine en ses chaires, il arbore un teint indéfinissable, d'olive, un peu sableux, terne et poussiereux.

Cet homme est bon, ça c'est sûr. Il s'approche de la vitre du conducteur avec sa petite écuelle. Pour diverses raisons propres à mon histoire et à mes convictions, je ne donne pas. Non que je ne sois pas charitable, mais je dispense ma charité autrement.

Certes, il attend de l'argent. Mais il ne l'exige pas. Ce qu'il exige, c'est un infime témoignage du respect qu'il inspire.
Tacitement, il sais que le jeune gars dans la petite voiture grise ne lui donnera pas d'argent. Mais il sait que chaque jour on aura un échange. Il s'approche, je le salue d'un hochement de tête et d'un sourire. Alors il sourit à son tour, faisainy danser sa petite moustache. Il lève sa main de façon étrangement majestueuse et prononce un petite message en Roumain, langue reconnaissable, aux sonorités à la fois slaves et latines.
De ce que je sais des superstitions et des us roumains, j'aime à croire que cette petite incantation est une prière. Comme une bénédiction. Une absolution.
Et pendant ce temps son regard bienveillant continue de sourire.

Mais ce matin, il n'était plus le même homme.

Losrque le feu est passé au rouge, il est resté assis sur le garde-fou en zinc. Il n'a pas levé la tête quand la première voiture s'est arrétée à son niveau. Il a gardé au sol son regard fixe et pour la première fois éteint.

Cet homme aujourd'hui prend le temps de penser, et c'est ce qui le tue. Cet homme regrette-t-il son exil ? C'était peut-être pas si mal son berceau ... Cet homme a les idées sombres et plus aucune bienveillance, ni même à son égard.

Je ne suis sûr de rien, mais je pense que cet homme finira où il a commencé, dans la pauvreté familière de sa Roumanie. Du moins je l'espère. Ce qui m'effraie, c'est qu'il ait eu l'idée d'aller finir sur l'asphalte de l'autoroute derrière le garde-fou de zinc.


par Mathieu publié dans : En un regard
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Mardi 22 mai 2007
C'est toujours comme ça. Réveil les yeux qui brûlent. Couché tôt et pourtant pas assez dormi.

Dans le gaz.

Environnement nébuleux, angoissant comme le fut surement la nuit.

Réminiscence des images que la nuit a laissées remonter.

Sensation que quelque chose de grave se tisse et va me tomber sur la gueule très vite.

Bah ! Pas assez dormi. C'est toujours comme ça.

Je vais boire un café. Il efface les messages que l'on ne veut pas lire.
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Mardi 15 mai 2007
Depuis trop de temps l'insouciance absente lui assénait nuit après nuit des questions sans réponses et des réponses sans fondements. Il avait un certain nombre de décisions à prendre. Il devait faire le choix entre ce Lui qui vivait, vivrait, ressentais, et ce Lui qui écrasait, gagnait, gérait. Il ne savait pas lequel était Lui et lequel était l'Autre. Il était surement un peu des deux mais mais sa personnalité n'arrivait pas à se proportionner pour lui donner la marche à suivre et la dircetion. Et c'est ce qui lui manquait.

Drôle ... Lui qui avait admis sa vie entre les bras d'un homme était aujourd'hui acculé à fuire deux femmes qui avait fait de lui leur pion, leur soldat de chair. Si seulement sa nature lui avait permis de ne pas être à la mercie des tigresses qu'elles peuvent être quand leur intérêt est en jeu ! Si seulement la douleur du constat que sa vie serait autre l'avait affranchie des mantes religieuses qui parfois lui arrachaienl le cerveau ou le coeur des mandibules de leurs ambitions présomptueuses !

Et bien non. Il est de ces femmes qui ont besoin des hommes pour construire leurs alcoves. Il est de ces hommes qui par candeur feinte conduisent ces femmes sur la voie qu'elles ont choisies.

Sa mère d'abord qui l'avait douceuresement trahi. Sous ses traits de nourrice elle avait obtenu qu'il la mette à l'abris. Elle avait sorti l'artillerie flambant neuve et jamais usitée de la maternité et des  bons sentiments pour  l'inviter à lui offrir l'argent dont elle avait besoin pour réaliser ses rêves irréalistes, cet argent qu'elle s'était toujours refusé à gagner par elle-même. Elle était passé de bras en bras pour que les hommes de sa vie la portent. Quand les bras déçus et amers de ces hôtes la lâchait, elle trouvait tout de suite un autre homme à parasiter.

Et puis le temps avait effacer l'iris qui empêchait à ses proies de la voir comme un prédateur. Les heures et les années avait fanées le philtre qui les rendait dévoués. Elle n'avait plus les armes qui lui avait permis de survivre. Il lui fallait trouver autre chose pour charmer ceux qui financeraient ses vieux jours.

Ne parvenant plus à gagner l'amour nécessaire pour aveugler ceux dont elle avait besoin, elle se mit naturellement à tirer un maximum de ceux qui l'aimat déjà : ses enfants allaient devenir son souffle vital. Ce sont eux qui dorénavant auraient la charge de son existance.

Il est un fait naturel qui oppose les femmes entre elles et qui rapprochent les hommes d'elles. Ses fils l'apprendront : ces règles s'appliquent aussi dans les liens filliaux, et c'est naturellement que le fils aimant protègera sa mère quand la fille saura déjouer les pièges et se libérer du joug de ce qui n'est que la démonstration de l'instinct de survie d'un être qui cherche son tuteur.

Lui, il en avait payé le prix. Il avait était charmé, comme ensorcelé. Elle avait pris, pris, pris ... Et rien offert en échange. Elle en avait fait un fils amer. Il en avait fait une mère bannie. Douleur après douleur, il avait réussi à se libérer des toiles affectives qu'elle avait tissées et des liens qu'elle resserait à chacune de ses tentatives de se soustraire aux obligations que ces putains de bons sentiments et de la société bien pensante.

Mais maintenant encore ça l'empêche de dormir. Et il voudrait
réussir à pencher sa tête et à la laisser se remplir de rêves plus doux, de ce qu'il y met quand il s'échappe les yeux ouverts.

Sa patronne aussi. Elle s'était hissée beaucoup plus haut que ce que sa nature pouvait rendre possible. Elle avait elle aussi charmé les hommes de pouvoir qui avait traversé sa vie. Elle leur avait laissé pensé qu'elle était leur jouet alors qu'elle avait fait d'eux sans qu'aucun d'eux ne puisse y changer rien, ses pantins dévoués, les cordes qui la monterait au sommet de son art, bien au-delà de ce que ses prédispositions auraient pu faire d'elle.

Elle avait passé sa vie à masquer ses manques en utilisant les hommes qui couraient après  ses charmes fardés.  Elle avait cousu autour d'elle des rideaux opaques qui masquaient aux yeux de ceux à qui elle s'était refusé la réalité de ses limites. Un velours épais qui cachait l'ouvrage et les petites mains qui s'agitaient à sa place pour sa réputation en éminance grise.

Elle ne s'était entouré que d'hommes. Et Lui, avait été choisi pour ça. Elle souhaitait être secondé par un homme. Un homme qu'elle puisse mener  par le bout du charme.

Etrangement, comme avec sa mère, en dépit du fait que les charmes physiques de l'usurpatrice étaient inopérants, il avait été dupes pendant de longs mois. De longs mois durant lesquels il avait travaillé d'arrache pied à assurer la position de son parasite. De long mois qui lui avait permis à elle de se faire un nom et de donner l'image du succés.

Elle savait que sa méthode ne marcherait pas sur lui mais en avait trouvé une autre. Elle lui donnait au goute à goute la micro dose de succés et de reconnaissance qui lui était nécessaire pour éviter le désengagement. A chaque fois que la rupture était imminente, elle le sortait un peu de l'ombre et se jouer de son égo pour qu'il reprenne un peu d'ardeur à la tâche.

A l'heure qu'il est il a réussi à prendre conscience de tout. Il sait qu'il n'est qu'un pion au service de cette garce. Il sait qu'il sera dévoré au moindre signe de faiblesse ou de déloyauté. Il sait quelle sera prête à tout s'il la supplante ou s'il devient maître du jeu.

Alors il est entré dans ce jeu. Il s'est ganté de velour et a aiguisé ses dents. Il fait bonne figure en attendant son heure.

Mais maintenant encore ça l'empêche de dormir. Et il voudrait réussir à pencher sa tête et à la laisser se remplir de rêves plus doux, de ce qu'il y met quand il s'échappe les yeux ouverts.

Alors ce soir là il s'est épuisé. Sur les machines de fer et de fonte il a tout donné. Il a couru, levé, tiré et repoussé. Il a étalé sa passion pour chauffer tout son corps et calmé l'incandescence de sa tête.

Et cette nuit là, il a trouvé le sommeil. Il a réussi à pencher sa tête et à la laisser se vider des ratés de sa vie, de ce qui s'y met pour qu'il s'éloigne chaque jour un peu plus de ce qu'il voudrait être.
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Jeudi 26 avril 2007
Je voudrais vous offrir un petit bouquet ...

Un bouquet de Rose.

Tout le monde connait la ListeRose raconte sa virée à Ikéa ... C'est le seul extrait de son album éponyme que j'ai pu trouver sur radioblog, alors pour ceux qui ne connaissent pas ou ceux à qui ça fait plaisir, lâchez vous.



Mais l'album de Rose Par Rose ce n'est pas que ça. C'est un reccueil de textes sensibles et profonds mais jamais torturés. Actuels et percutants mais terriblement poétiques.

Pour le mélomane, des mélodies et des instrumentations limite country (oui je sais ça donne pas envie ...) Disons du folk mélodique ... Et ça et là, du bon jazz ! Jambe allongée sous la fente d'une robe cabaret. Voyez l'genre ? Percussions effleurées, piano et contrebasse ... Tout est là pour accompagner sa voix qui s'adapte si bien à toutes les ambiances ...

J'ai pas d'actions chez Rose's Prod, mais vraiment j'ai instantannément accroché sur l'album. Par pitié ne le téléchargez pas. On le trouve à 9.99 € presque partout ...
(par exemple en cliquant sur l'image)



Bonne écoute et bises à tous
par Mathieu publié dans : Ce qui me fait vibrer
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Mercredi 25 avril 2007
Ce n'est pas la première fois que je pompe quelque chose sur le blog du Pigeon Voyageur ...

Désolé Jérôme mais tu vois j'ai une théorie très interessante sur le fait que je te pique des trucs : on a été élevés au même endroit, avec les mêmes principes. On vit la même différence et on a contré tous nos principes d'éducations pour avoir le droit d'être nous même.

Et ben voilà ! Deux jeunes hommes à la même sensibilité ...

(Bon j'espère qu'après la séquence sensiblerie il ne m'en voudra plus trop ...)

Bises !



par Mathieu publié dans : Au gré de mes divagations
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