Lundi 23 octobre 2006

Dimanche normal pour un pédé. Réveil solitaire. Déjeuner arrosé. Largage par sms et soirée devant Pink. Je vais m'y faire y a pas de raison.


Pourtant le début du week-end laissait à penser qu'il serait différent. Sur un échange sensuel et complice, un désir qui semblait partagé, l'envie clairement exprimée d'entamer quelque chose. On se plaisait on se l'ai dit. A-t-il simulé ? A-t-il menti ? Qu'attendait-il en fait ? A quel moment ai-je mal compris son comportement et ses paroles ?

J'en sais rien.

Il voulais que ça le fasse. Il exprimait "ses" sentiments à haute voix. Comme s'il avait su qu'il fallait me donner confiance en l'attirance et puis l'amour que je pouvais susciter. En tout point il a dit et fait ce que je voulais entendre et voir.

Et puis le soufflet est retombé. ai-je perdu une compétition à laquelle je n'avais jamais demandé à participer ? N'ai-je pas, plus tard dans la nuit ou les heures d'après, été à la hauteur de ce qu'il disait apprécier en moi ? Ou peut-être, selon la thèse qui à la fois me plait car elle ne me remet pas en cause et à la fois me nâvre car elle est émise d'un comportement trop coutumier, il s'agit encore d'un de ces mecs de 30 ans qui ne savent pas ce qu'ils veulent.

En tout cas, s'il avait juste voulu baiser, il suffisait de me le dire : il était suffisamment beau gosse pour m'avoir sans sortir les violons, et au moins je ne me serais pas fait mes films ...

Enfin. C'est pas grave. Une toute petite griffure. Une de plus. Mais je ne sais que trop que plusieurs petites griffures peuvent saigner autant qu'une large plaie béante. Alors faudrait voir à faire cicatriser tout ça à coup de respect et de sincérité ...

Allez va ! Retrouve vite tes marques solitaires. Vas te balader aux Capus, fais toi plaisir : prends ce que tu veux.

Puis un déjeuner qui a sauvé à lui seul tout le dimanche. Succulent, animé, arrosé sans trop d'excès ... Un bon dans la vie normale chez des gens qui s'aiment et qui offrent un petit moment de leur intimité de tendresse ...

La soirée du dimanche a été comme le réveil : une succession de minutes amères avec, en paliatif, Pink TV en fond, pour essayer de se sentir le moins différent possible.

 Il faut croire que je suis pas normal en fait. Par moment je me sens aussi différent des pédés que j'ai pu me sentir différent des hétéros étant ado. Et parfois cela me fait autant souffrir. Ne pas trouver ma place.

C'est tout le problème. Je ne sais pas si je suis en avance ou en retard sur mon age, ou si tout simplement je ne vois la vie comme aucun autre gay. En tous cas mes envies ne semblent pas correspondre à celles des flopées de trentenaires ou presque qui ont croisé mon chemin ces 18 derniers mois.

J'ai juste envie d'une vie normale. C'est tout. Sans sacrifier au totem Têtu ni au Dieu Tom of Finland.
Aimer le sexe comme il se doit. Assez pour satisfaire nos corps, sans qu'il ne devienne tout dans notre vie.
Respecter l'autre et ne pas lui mentir. Ne pas le blesser.
Être tendre et gentil sans que ce ne soit considéré comme une faiblesse.
Ne pas s'autoriser des facilités parce que "on est gay et que chez les gays c'est nécessaire". Il faudrait arréter de faire de notre différence un pretexte ! On se met tout seul en marge en cherchant des excuses à un comportement qui est bien plus égoïste que "gay friendly" !
Faire des concessions.
Relever le défi de la vie à deux et prendre les difficultés que la monogamie à long terme impose comme un gage de ses vertus bienfaitrices.
Car oui c'est pas toujours simple. Mais c'est l'essence. Et ça se mérite.
Maintenir l'amour, l'intérêt et le respect dans un couple, c'est un défi.
Mais on doit le relever si on veut être heureux. Et croyez moi, ayant tenté de relever le défi pendant 6 ans, le jeu en vaut la chandelle.

Et c'est précisemment cette volonté d'affronter les réalités de l'Amour et de relever les manches pour le mériter qui font que je ne trouve pas ma place dans mon age et dans ma "communauté', si tant est qu'elle même ne soit pas le fruit de l'égoïsme désespéré de chacun de ses membres.

Voila tout ce que j'avais à dire.
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Mercredi 27 septembre 2006
Je voulais vous parler de deux choses : du besoin que j'éprouvais en ce moment de  vivre intensément les choses, et d'une belle surprise que m'a fait hier une de mes deux meilleures amies.
En fait, inutile d'en faire deux billets. inutiles de faire un choix. Les deux thèmes finalement se recoupent.
J'ai eu la chance avant de vivre quelque chose de très fort amoureusement. J'ai vécu pendant quelques années avec un garçon pour qui j'éprouvais à la fois passion déraisonnée et amour sincère et profond. C'était, je crois, réciproque, et on s'est abandonné à deux dans les tumultes suaves et velourés de ce que nous ressentions spontanément.
Comment expliquer ? Je frémissais à son odeur. Le voir me ravissait. L'écouter tantôt me berçait et tantôt m'animait. Je ne voulais que le toucher et le sentir tout contre moi. Tout de lui vivait partout en moi. Dans mon coeur, dans mon âme, dans mes tripes et dans mon sexe.
On n'a pas réfléchi. On ne s'est pas posé. On a avancé là dedans, et ça a marché.
Puis le calcul et la cupidité, l'envie et le désir ont donné un coup bas à nos sentiments. Le temps a passé, la plaie n'a jamais cessé de saigner et tout ça a changé. Moins d'effort, moins de séduction. Moins de confiance et moins de compromis. Tout s'est transformé au fil du temps. L'amour en affection, la fusion en complicité, la passion en indifférence ...
Je l'ai compris entre deux larmes : "J'ai perdu mon chéri ..." ai-je dis l'après-midi même qui précéda le soir où il ne défit pas ses valise. Sans le savoir, jusqu'à la fin, on avait conservé ce lien quasi mystique qui dépassait l'intuition ...
Je ne regrette rien.
Bien sûr pas de l'avoir rencontré ... Mais je ne regrette pas non plus d'avoir pardonné. Ravalé mes souffrances et ma fierté pour aller au bout de ce que cette histoire pouvait nous offrir.
Je l'ai vécu à fond, du fond du ventre. J'ai vibré à chaque instant. J'ai couru la tête basse.
Il ne faut pas tourner le dos aux occasions quand elles se présentent. Il faut vivre un peu au delà de nous même.
Dépasser la peur. Dépasser les questions. Dépasser la fatigue et ne pas trop s'écouter.
Mais croque la, ta vie ... Elle s'etiole ! Elle court ... Elle file !
Donne toi une chance de revivre encore ça ! Laisse tes entrailles ouvertes à la passion. Cette claque qui décalque l'ennui qui nous ronge.
Je m'ennuie vite à présent. Je ne sens de nouveau bien quand je vis à 1000 %. Ne rien faire m'agoisse. Autant brader un jour au purgatoire de l'amertume. Je cours dans la vie. Trop de choses à faire.
"J'ai si peur de finir le chemin seul."
Et pourtant je ne peux me contenter d'une histoire qui ne me fout pas à l'envers. J'ai l'exigence, comme un boulet que je me traine, de mon vécu. Je sais que ça existe. Je sais que l'on peut traverser le vie mené par le désir d'un seul Homme, mué par la pensée de le rejoindre ... Je ne veux rien de moins.
C'est ce paradoxe qui me rend la vie dure. Vais-je retrouver la force brûlante d'un "Amour parfait", ou vais-je me résigner, fermer les yeux sur ma folie, et accepter ce que la vie me propose de plus ressemblant ?
Hier soir j'ai vu Cali en concert. Une de mes meilleures amies  m'a offert le concert pour mon anniversaire. Jusqu'à l'heure H - 1, j'avais réservé ma soirée pour je ne sais quoi. Une gaffe et mon sens de l'observation ont levé le pot aux roses 1h avant la scène, sans quoi j'aurais vu entrer une ombre sur scène ...
Il y a quelques temps, on le comprend dans ces textes, Cali s'est fait "larguer comme une merde".
On a ça en commun. Le sentiment d'avoir été laissé sur le bord comme des merdes.
Et comme pas mal de personnes de nos ages ayant vécu des choses fortes et durables dans l'age insouciant de la vingtaine, on vit à chaque instant des paradoxes amoureux ...
On se sent parfois terriblement seul, mais on a du mal à accepter une présence continue dans la bulle "insensible" dont on s'est entouré.
On a envie de flamber de passion, de crever d'amour, mais on flippe de revivre une défécation sur le bord du chemin.
On est sûr de nous, on se connait, on admet nos valeurs, mais on passe nos vies à se demander ce que l'autre à arréter d'aimer, à regarder "ce que le temps a fait de nous".
Alors quoi ? On est condamné à payer d'une décénie de solitude notre décénie d'insouciance ?
Je refuse ...
Je sais qu'il faut se faire violence. Mais l'Amour n'est pas une trame objective de qualité que l'on trouve à l'autre.
L'Amour, pour moi, c'est inquantifiable. On ne peut pas raconter l'amour que l'on ressent : on n'a pas les mots pour le décrire.
C'est une flamme. Petite un temps et qui grandit un peu. Si elle y est, au fond du ventre, et chez l'un et chez l'autre, il faut se faire violence et rester un peu là à la faire grandir.
En revanche, si elle ne vous enflamme pas un tant soit peu dès la première rencontre, c'est inutile d'aller plus loin : elle ne brillera jamais, et avec seulement un listing de qualités de points communs et d'envies similaires, on risque fort de passer sa vie sous la froideur d'un néon ...
A bientôt
par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Jeudi 14 septembre 2006

Tout m'arrive en même temps. Comme j'ai pu tomber en un claquement de doigts au fond de l'abîme, me voilà en un coup de talon propulsé dans les cimes.

Les choses avancent. Les choses se placent.

D'abord mon petit chez moi, un coin douillet à moi, sans prétention aucune, mais que je peux emplir de ce que je suis sans que cela ne soit gâché par la présence conciliante d'un étranger dans mon univers. Cette colocation n'aura été que ce qu'elle devait être : un arrangement financier entre deux personnes qui se tolèrent vaguement.

Et puis la reconnaissance. La validation dans mon travail de tout ce que j'ai fait jusqu'à présent. L'acceptation de l'idée que je pouvais être plus que ce que disaient mes diplômes et mon contrat. Une promotion. Ne pas me laisser partir. M'entendre dire que mon travail était important, qualitatif. Prouver enfin que l’on peut s’en sortir. Partir de bas et gravir. Un pas désormais bien engagé.

Et enfin ces premiers gestes. Ces premiers échanges. Innovants. Intéressants. Passionnants. Ces premiers regards. Ces caresses. Ces baisers. Un début qui pour moi appelle une suite. Curiosité. Envie de connaître. Soif de découvrir. Peut-être ... En tous cas pourquoi pas ...

Et tout ça en même temps. Comment toute notre vie peut s'écrouler en un mot, en un battement d'aile de papillon, comment elle peut se cristalliser pendant des mois, et comment elle peut prendre un nouvel envol en une fêlure de temps. C'est bizarre.

Alors le questionnement. Hanté par ce foutu sentiment que je devrais payer au centuple tout ce qui m'arrive de bien. Envie de me lancer à corps perdu pour jouir du joli plateau qui s'offre à moi. Retenu par les liens du doute et de la peur. Est-ce là le salaire des efforts considérables que j'ai déployé ces derniers temps ? Suis-je en crédit bonheur ? Ou suis-je en train de me mettre à découvert et d'offrir en inconscient ma vie aux aléas qui sanctionneront ces victoires et ces instants de ravissement ? Bien sûr je vais lutter contre cette peur que mon cerveau sait absurde. Mais mon âme doute et parfois vacille. Je me sens ce matin tout rempli d'un liquide âcre et étouffant que ma raison écope.

Au fil de la journée et des mots allongés, je sais que ce liquide va finir par s'écouler. Si seulement je pouvais avoir la certitude que ce qui se passe en ce moment dans ma vie ne va pas s'effondrer dans la douleur ... Si seulement je savais ... Si seulement ...

Je sais que de temps en temps je serai noyé dans le doute, que mon âme vacillera. Mais je vais m'efforcer tant que durera l'envol de garder la tête haute en dehors de l'eau et l'espoir que peut-être j'ai suffisamment payé, que je suis prés à vivre heureux ad vitam aeternam.

I wish I was lucky ...

 

 

par Mathieu publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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