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Vendredi 21 novembre 2008

L'ennui quand la vie bouge, c'est que tout le monde ne peut pas suivre.


Je pense qu'on est à des ages (29 ans 3/4 ... Oh ! Ok ça va ! 31 ans ) où on a envie d'avancer. Un peu plus fort de l'expérience acquise durant la vingtaine nébuleuse, on répare, on colmate, on fait mieux. Et parfois on abat et on reconstruit.


Et il y a forcément des dommages collatéraux.


Ma vie a beaucoup changé ces 4 dernières années. Je crois qu'il ne me reste plus rien de mon ancienne vie. Et je crois que l'homme que j'étais alors n'y a pas survécu non plus.


J'ai changé de mec, d'appart (plusieurs fois), de voiture, de travail, de meubles ... La seule chose que je n'avais pas changé était mes amis. Mes potes. Les fidèles. Les solides. Mes amis sont le socle de mon existance. Ils m'ont batti sans s'en rendre compte tel que je suis. Ils m'ont ramassé pour les périodes de merde. Ils ont fété mes succés. Mes amis sont top ...


Pour eux aussi beaucoup de choses ont changé. Question de boulot, question de famille ou bien de conviction ... Chacun a fait ses choix. Pris sa voie. Et puis voilà. On s'est éloigné en corps parfois. En esprit parfois. Le fait est qu'on n'est plus toujours là l'un pour l'autre.


Je vis très mal ce sentiment irrationnel d'être abandonné. Je vis chaque absence comme une rupture qui me laisse gésir sur le carreau. Je me sens seul souvent. Je m'ennuie beaucoup. D'eux, et tout court. Je n'en veux à personne. Mais je mens quand je dis ça. Comment ne pourrais-je pas en vouloir à ceux qui m'ont largué ...


Alors, plus je m'enferme et plus je m'enferme. Plus ils s'en vont et moins j'ai envie de suivre. Leur vie est ici tout de suite tout le temps à mes côtés, ou nulle part. Je suis jaloux de leur nouvelle vie. C'est affreux.


Alors c'est décidé maintenant. Tant pis pour eux s'ils ne saisissent pas la chance d'avoir un ami aussi formidable que moi et qu'ils considèrent que leur vie compte plus que je ne compte pour eux ! lol


Je veux rencontrer d'autres personnes. Je veux avoir une bande de potes. Je veux aller boire un verre en sortant du boulot et taper le carton chez les uns chez les autres. Je veux qu'on m'appelle pour me dire "Tu passes à la maison ?" Je veux avoir le sentiment de faire partie d'un groupe pour ne plus me sentir isolé dans la bulle de ma vie de couple.


Alors à bon entendeur ... Salut !

Par Mathieu - Publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Mardi 30 septembre 2008
Cette nuit j'ai fait un rêve bizarre et étrangement réconfortant.

Tout se passait dans ce que j'ai longtemps appelé, pendant mes jérémiades de mec lourdé, mon "Chez-Moi".

Mon "Chez-Moi", pour ceux qui prennent le train en route (pour les autres, rendez-vous 10 paragraphes plus loin ...) est un appartement dans lequel j'ai vécu mon premier grand amour.

Au nord, ses pièces étaient largement éclairées par d'immenses fenêtres sur une  cour pavée où il y avait un puits. Et au sud, des fenêtres aux proportions plus réduites, qui rappelaient que le nid avait été construit dans les mansardes, offraient une vue hallucinante sur les toits du Vieux-Bordeaux et la Flêche de Saint -Michel.
(NDLR : Le photo ci-dessus a été prise depuis une des chambres de ce "Chez-moi".)

L'immeuble étant perché sur les ramparts médiévaux de la ville, il était presque impossible d'y accéder en voiture. Aussi, m'a-t-il toujours semblé que le calme régnait en maître sur ce microscosme et que l'air était plus pur sur mon promontoir.

Pendant 6 ans, comme une fourmis besogneuse, je me suis appliqué à faire de cet endroit une douillette boule de coton où j'avais plaisir à recevoir des milliers de copains et où, le dimanche j'aimais me retrouver sous la couette avec celui que je pensais être l'homme de ma vie.

Et puis voilà. L'homme de ma vie en est sorti, et il a fallu, la mort dans l'âme quitter le nid. On s'était dit que ce serait mieux pour moi. Qu'il ne fallait pas que je reste dans ce "Chez-nous" qui ne semblait alors plus rien signifier ...

En plus d'avoir été ce "chez-nous", en plus d'avoir eu la bonne idée de se situer dans un quartier de Bordeaux que j'adore, en plus d'être douillé, confortable, clair et spacieux, offrant une belle vue sur cette partie de la Cité toute chargée d'histoire ... il se trouve que c'est l'endroit où j'ai passé le plus de temps de toute ma vie ... Ceci ayant évidemment un rapport avec cela.

Et pour quelqu'un qui n'a pas vraiment de racine et qui été trimballé durant toute sa vie, parvenir à appeler un endroit "Chez-moi", ce n'est pas une mince affaire. Je m'y sentais bien. C'était un repère et un lieu de retrait évident, qui me manquait beaucoup lorque j'en étais éloigné. Et je pense que ça aurait pu durer comme ça encore bien longtemps avant que je ne me lasse et que je décide qu'il fallait changer d'air.

J'ai donc appelé ce "Chez-moi" "Chez-moi" longtemps après l'avoir quitté. Et même aujourd'hui, j'ai toujours un énorme pincement au coeur quand je passe devant et que je lève la tête vers les toits. Bien sûr, le temps et les événements ont mis beaucoup de distance entre cet endroit, son souvenir et ma vie. Pour autant, je ne peux m'empêcher d'y songer. Souvent.

J'ai longtemps pensé que cet attachement viscéral à ces belles pierres et à ces vieilles poutres était dû à ce que j'y avais vécu. Et plus le temps passait, plus l'indifférence pour ce passé grandissait, plus je me rendais compte que j'étais réellement amoureux du lieu, indépendemment de ce qui avait pu s'y dérouler.

Et cette nuit, j'ai révé que j'y refaisais ma vie. Evidemment, les choses avaient beaucoup changé, mais l'endroit y était.

Je m'y installais avec l'homme que j'aime maintenant. Et bien sûr il y avait dans l'appartement beaucoup de choses que je n'aimais plus. Cette cuisine mal-conçue que nous devions repenser ! Et cette deuxième salle de bain inutile dans un 3 pièces : faisons une buanderie  ! Quant à cette immonde moquette bleue électrique qui n'a pas changé depuis 2000 ! Faisons renaitre le bois qui à coup sûr sommeille sous cette hideuse couche d'acrylique. A notre image, virons ce lino pour un sol d'ardoise ! Repeignons un coup pour apporter de la couleur !

Et préparons la deuxième chambre ... On ne sait jamais ...

Et voilà mon beau rêve. Je me rends enfin compte que ma vie est faite d'un passé, d'un présent et d'un futur, et qu'il n'y a pas de frontière entre ses trois temps. Je peux enfin voyager de l'un à l'autre et les faire cohabiter. Finalement ils s'entendent bien et m'ont fait tel que je suis sans se poser de limite.

Et à présent, s'il m'est donné de nouveau dans ma vie de trouver un "Chez-moi", je ne le lâcherais pour rien au monde. Même si ma vie change encore, même si plus loin il y a de nouveau un virage, et bien un "Chez-moi" c'est à soi, et ça ne se change pas. Il évolue avec soi, il s'adapte, il vit ou renait de ses cendres, mais il est irremplaçable. Et croyez-moi, j'en ai fait les frais.
Par Mathieu - Publié dans : Mon p'tit coeur tout mou
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Lundi 16 juin 2008
Lu sur gayclic.com :

Samedi soir (14 juin 2008) le Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement Roger Karoutchi (UMP), était invité sur le plateau de l'émission On n'est pas couché. Interrogé par Laurent Ruquier sur l'évolution du PACS, Roger Karoutchi s'est dit « très favorable à l'union civile » en souhaitant que dès 2009, cette union signée en mairie offre « des droits équivalents au mariage, tant sur le plan patrimonial, fiscal et social ».

Ma réaction (en commentaire à l'article) :

Les détracteurs (au mariage gay) pensent que nous demandons une faveur.
Or, nous demandons seulement réparation sur une inégalité, la regression d'une discrimination insinuée bel et bien dans le fondement de nos lois et de la structure de notre société.

Le code civil sert de prétexte aux "Contres". Un code qui a été écrit pour gérer les relations familiales telles qu'elles étaient IL Y A 200 ANS ! Et qui a très peu été révisé depuis !

C'est grâce à ça qu'une jeune femme a vu son mariage annulé pour cause de non virginité !
Dieu Merci, cette aberration a donné lieu à une réflexion sur ces dispositions !

Alors, fichtre ! Que le code se mette à la page et qu'il corresponde à la réalité de notre vie !
Quand à l'ordre moral, il n'en sera pas perturbé ! On sortira juste de l'hypocrisie.
La France continue sur ces points à faire honte et finalement, on accepte de légiférer d'un côté sur des questions morales pour moderniser les pratiques, et d'un autre côté on se cache derrière ces mêmes valeurs morales archaïques pour cacher/justifier l'homophobie pure et simple de nos législateurs qui ont nos étreintes en travers de la gorge.

Vraiment, tout ces débats stériles et hypocrites me fatiguent.

La vérité, c'est que l'état viole nos droits. Il faut que cela cesse.

Messages à l'attention de ceux de mes amis qui sont "Contre" :

Je ne comprends pas un point de vue différent du mien, et je crois que c'est un des seuls points (voire le seul) politiques qui me met en rogne et sur lequel je n'admets pas d'arguments contre, je ne tolère rien.

C'est une question qui va au-delà de l'idéologie ou de l'appartenance à un parti. Ce n'est pas pour moi une question politique ou sociale. C'est une question humaine, passionnelle. C'est un combat qui s'impose et que je ne veux pas modérer parce qu'il me meut au plus profond.

Et lorsque je dis que mes droits sont violés, c'est parce que je ressens réellement celà comme une injustice terrible.

J'ai mis beaucoup de temps à accepter mon homosexualité. Et je suis arrivé à un point où je me sens en rien différent de mes amis hétérosexuels. Et j'ai la chance d'être entouré d'hétérosexuels qui traitent ma vie privée avec la plus grande indifférence.

Alors je ne vois pas pourquoi l'état s'abroge le droit de faire autrement.

Derrière, il y a la question des enfants. Oui.
Peut-être souffriront-ils de la situation ?
Mais s'ils souffrent, ce ne sera pas d'avoir deux papas ou deux mamans qui l'aiment.
Ce sera du regard des autres, ceux qui sont contre et qui n'acceptent pas.
Et donc, ON est privé du droit et surtout du bonheur d'avoir un enfant parce que le gars d'à côté ne supporterait pas ?

Ok. Maintenant "expliquez-moi comme si j'avais 4 ans" qui est le méchant là dedans !

Voilà. Je crois juste que la colère qui m'anime quand on aborde ce sujet est à la hauteur du vide que je ressens face à la stérilité de mon existence.

ça change quoi pour vous. Parce que pour moi, c'est important.
Par Mathieu - Publié dans : Debout !
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Lundi 9 juin 2008
Moins intense. Moins fort que ce à quoi je m'attendais. Je ne savoure pas ma victoire comme j'y aurais cru. Finalement, deux grands perdants dans ce combat qui n'aurait pas dû exister.

L'arrogance de mon annonce a laissé place au doute du lendemain que connaissent bien ceux qui n'y croit plus vraiment. Et enfin une impatiente indifférence.

Je pars et puis c'est tout. Bien sûr qu'un jour je regarderai en arrière. Et je verrai à ce moment là si j'ai bien fait ou pas. Bien sûr que j'aimerais aujourd'hui entrevoir ce que je verrai à ce moment là. Mais la règle est autre et pour l'instant je ne peux m'en remettre qu'à l'espoir.

Je fantasme un peu. Je me vois grisonnant, l'air sérieux et le regard malicieux, entouré des pattes d'oie tamponnées là par les sourires rendus. Reconnu et épanoui comme probablement je ne l'aurais jamais été si j'étais resté là.

Elle m'en veut. Elle voudrait que cela n'arrive pas. Elle voudrait rembobiner jusqu'au moment où je m'apprêtais à donner ma sentence, et me bâillonner d'un coup de charme qui n'a aucun effet sur moi.
Elle ne comprend pas qu'elle devrait rembobiner au moment où j'ai pris la décision de la larguer. Le moment où j'ai compris qu'elle n'avait jamais cru en moi. Mais juste eu désespérément besoin de moi.

JE suis bafoué, trahi et spolié. Tu es le bourreau et ton scénario où je suis un salaud, pour la première fois, personne n'y crois. Ni même moi.

Les femmes de ma vie ont toutes compris que ma culpabilité serait toujours plus forte que mon insoumission. Je ne sais pas d'où je le sors. Ou plutôt, je refuse de réaliser que je ne le sais que trop.
Et cette femme-ci aura sûrement réussi à me libérer du poids des satanées péchés dont j'avais trop tendance à me persuader.

Alors aujourd'hui, tout ce que je peux lui dire, c'est Merci d'avoir été trop loin et d'avoir mis en évidence à mes propres yeux mon talon d'Achille.

Et pour les deux nouvelles femmes qui attendent leur tour qui viendra dans quelques jours, je saurai savoir si elle me veulent du bien où bien si je devrais garder entre elles et moi les rapports à leur degré zéro.

Bonjour ...
Par Mathieu - Publié dans : Debout !
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Lundi 5 mai 2008
J'ai compris ce qui me réveille la nuit. Ce qui me donne la tête qui tourne. Ce qui me mine le moral.

C'est la peur.

Peur que tout sombre comme il y a 3 ans.

Peur de ne plus avoir de quoi payer mon loyer.

Peur de devoir vendre ma bagnole.

Peur de me retrouver dans un bureau sordide.

Peur qu'il se barre pour un mec qui a moins peur.

Alors on bloque tout et surtout on maintient.

On prend à mort sur soi et on accepte tout.

On paie une fausse quiétude le prix d'une vraie vie.

Et me voilà comme un con à être malade pour des choix que je n'ose pas faire.

Lui hurler de fermer se gueule une bonne fois pour toute pour quitter le bureau sordide dans lequel je suis déjà en fait, et repartir d'un bon pied en me disant que le futur n'est pas forcément synonyme de merde incommensurable et de flou nauséabond.

Les couacs d'hier me font tellement craindre demain que je préfère cristaliser à un aujourd'hui dont je n'ai pas envie.

Et le plus dur c'est que j'ai tellement peur que je renonce à mes rêves. Je suis tellement con que je me trahis par lâcheté et pour ne pas choquer.

Franchement, je me fais pitié.
Par Mathieu - Publié dans : Debout !
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